Chapitre 14

Je ne pouvais détacher mes yeux du corps si fin et pourtant si dangereux de Jane. Mon pire cauchemar était en train de se réaliser devant moi, et je pouvais rien y changer. Je me maudissais à nouveau pour ma lenteur et ma faiblesse. Seul Carlisle continuait de garder son sens froid, ce qui m'incita à penser que la situation était tout bonnement catastrophique. Edward laissa échapper un grognement lorsqu'elle se rapprocha de nous. Il me serra contre lui de manière à me protéger et à s'éloigner le plus possible d'elle. En le voyant faire, sa bouche se déforma en horrible rictus.
-Je pense que Aro sera ravi de savoir que tu es toujours aussi humaine, Bella.
A mon grand étonnement, ce fut Jasper qui prit la parole.
-La date de sa transformation est déjà prévue, lui répondit-il, presque arrogant. Il avança de quelques pas dans sa direction, l'air terrifiant. Je frissonnais. D'un geste instinctif, Jane se recula mais se ressaisit immédiatement. Elle esquissa un sourire et utilisa son pouvoir contre lui. Contrairement à Edward lorsqu'elle l'avait torturé à Volterra, Jasper resta immobile, ignorant sa douleur. A son tour, il éclata de rire.
-Tu ne sais pas ce que c'est la souffrance... murmura t-il. Il la fixa intensément. Tu ne toucheras pas à un cheveu de Bella. Si Jasper avait prononcé cette phrase dans d'autres circonstances, j'en aurais étais heureuse, mais à ce moment-là, j'étais surtout terrifiée.
-Je n'ai aucune intention de lui faire du mal mais, la date de notre accord étant dépassée, Aro a décidé qu'il s'en chargerait lui-même.
-NON !!! hurla Edward.
-Ne vous en faites pas, Aro tient absolument à ce qu'elle survive. Disons juste, que lorsque vous la reverrez elle sera... moins fragile. Elle laissa entrevoir ses dents blanches, visiblement satisfaite de son annonce. Edward se positionna devant moi pour me protéger. Un son grave et terrifiant émana de sa gorge. Chaque muscle de son corps était tendu, prêt à bondir. Jasper avait l'air complètement perdu et Alice se savait plus quoi dire. Esmé me regardait intensément. Ce fut Carlisle qui brisa ce silence.
-Dis à Aro qu'en aucun cas elle ne partira à Volterra. S'il est d'accord nous nous occuperons de sa transformation dans l'immédiat mais je refuse qu'il s'en charge lui-même.
-Il a était prévoyant. Il m'a demandé de vous rappeler qu'un accord est un accord et qu'il ne ferait plus de compromis. Il a exigé que nous revenions avec elle. Je ne compte pas lui désobéir. Elle adressa un petit signe de tête à son frère. Celui-ci s'avança vers nous. Je ne savais plus quoi penser. Il fallait à tout prix que je fasse quelque chose, sinon cette bataille tournerait au drame. Jane utilisa son pouvoir sur Edward. Mon vampire s'écroula à terre, se battant de toutes ses forces pour y résister, en vain. Emmet prit le relais. Tous mes espoirs s'envolèrent, lorsque je le vis lui aussi se tordant de douleur au sol. Je réfléchissais à toute allure, cherchant désespérément une solution. Elle pouvait utiliser son pouvoir sur plusieurs personnes, mais jusqu'à combien ? En m'enfuyant, je trébucherai dans moins de cinq mètres et en hurlant, personne ne m'entendrait. Les seuls à pouvoir la vaincre étaient les loups-garous mais lorsqu'ils arriveraient je ne serai déjà plus là. Un cri me fit revenir à la réalité. Quatre nouveaux vampires venaient de passer le seuil de la porte et s'en prenaient à Esmé et Alice. Aro avait tout prévu. Je ne pouvais pas les laisser se faire massacrer sous mes yeux.
-STOP !!! hurlai-je. Tous les visages se tournèrent vers moi, certains partagés entre le désespoir et la colère. Je m'avançais lentement vers Alec en signe de défaite. Edward me foudroya du regard. J'espérais qu'un jour il comprendrait pourquoi j'agissais ainsi. Alec m'attrapa violemment le bras et m'entraîna à l'extérieur. Tous les Cullen me fixaient, compatissants. Une larme roula doucement sur ma joue. J'ignorais quand je les reverrais ou même si un jour je les reverrais. Du bout des doigts, j'effleurais le visage de mon tendre vampire en essayant de lui sourire.
-Je t'aime, lui murmurai-je avant que je ne disparaisse portée par Alec.



Mes larmes débordèrent avant que la maison des Cullen ne s'efface derrière les arbres. A l'instar d'un somnifère, je sentis mes yeux se fermer doucement. Seul le vent dans mes cheveux me permettait de rester éveillée pour continuer de penser à Edward. Me pardonnerait-il un jour pour ce que je venais de faire ? Sûrement que non. A ce moment, la seule chose que j'étais capable d'affirmer était que quelque soit sa réaction je continuerai de l'aimer pour toujours, même si les Volturis faisaient tout pour nous séparer. A cette pensée, mon c½ur se serra douloureusement. Ne pouvant plus résister, je sombrais.
Lorsque je m'éveillée, je fut surprise de ne pas ressentir la douleur à laquelle je m'attendais, celle que provoquait la morsure d'un vampire. Je m'étirais, en faisant bouger chacun des muscles de mon corps pour tenter de percevoir un quelconque changement. Aucun. Etais-je encore humaine ? Je m'avançais à pas mesurés vers l'unique miroir que comportait la chambre, redoutant le verdict. L'image qu'il me renvoya était la même que dans mon souvenir. Je laissais échapper un soupir de soulagement. En apercevant mes vêtements de la veille, je m'habillais rapidement. A cet instant, j'aurais adoré prendre une douche, pour essayer d'oublier où je me trouvais et surtout pourquoi. Rien que de penser à ma transformation imminente ma terrorisait. Je compris soudain pourquoi Edward disait que je n'étais pas encore prête. Je souhaitais de tout mon c½ur pouvoir me blottir contre lui et l'entendre dire que tout cela n'était que le fruit de mon cerveau détraqué.
A ce moment, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée laissant apparaître Alec devant moi. Il affichait un rictus mauvais.
-Aro demande à te voir, Bella. Maintenant. Sa voix trahissait son incompréhension et sa soif. Il se demandait sûrement pourquoi Aro tenait tant à me garder en vie.


Une petite suite en attendant le prochain chapitre qui arrivera mercredi normalement.
Laisser vos com's pour donner votre avis.Merci.

# Posté le mercredi 06 février 2008 12:43

Modifié le dimanche 10 février 2008 10:20

Chapitre 15

En entendant ses paroles, un frisson me parcourut de la tête aux pieds me plongeant dans un océan de doutes. Qu'allaient-ils faire de moi ? A cette pensée, mon pouls s'accéléra. Alec le remarqua, ce que le fit rire. Néanmoins, il semblait irrité par ma lenteur. Nous traversâmes de nombreux couloirs pour arriver dans une pièce qui commençait à m'être familière: Le bureau d'Aro. Ce dernier m'invita à m'asseoir sur le fauteuil, qui était placé devant son bureau, avec un sourire encourageant. Ce bureau me rappelait en tous points celui de Carlisle, bien que son propriétaire fut beaucoup moins rassurant. D'un geste de la main, il demanda à Alec de sortir de la pièce. Il s'exécuta sans un mot, à l'instar d'un serviteur. Je sentais le regard insistant d'Aro dans mon dos et je dus me concentrer pour ne pas céder à la panique.
-Ma chère Bella, commença t-il. Je crains que nous soyons dans une impasse... Ses yeux pétillants me fixaient intensément. En général, je n'accorde jamais de deuxième chance, cela ternit notre réputation. Mais vois-tu, je pense que tu possèdes d'énormes capacités. Il se leva et me toisa au dessus de son bureau. Nous avions conclu un accord. Mais Edward n'ayant pas rempli sa part du contrat, je suis donc dans l'obligation de le faire moi-même.
Je frémis mais il continua immédiatement. Je n'ai pas l'intention de te faire du mal, Bella. Je souhaite vraiment que tu survives. Il s'arrêta de parler. Pendant toute la durée de son discours, j'avais été totalement incapable de produire le moindre son, trop choquée pour pouvoir parler.
-Je t'attends ici à 20 heures. Quelqu'un passera te chercher. A tout à l'heure ma chère Bella.


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Je sortis précipitamment de la pièce. Sans que je puisse les arrêter, mes larmes débordèrent. De douloureux sanglots s'échappaient de ma poitrine, s'ajoutant à mes tremblements de frayeurs à la pensée de ce soir. J'essayais de me concentrer uniquement sur Edward. Le souvenir de son magnifique visage me redonnait quelques peu espoir. Dans trois jours je le reverrais. Trois petits jours. Je serais différente mais de toute façon ma transformation était prévue pour dans quelques mois. Alors que ce soit le venin d'Edward ou celui des Volturis. J'aurais tout de même préféré être à ses côtés. Mais bon, si c'était le prix à payer pour passer l'éternité avec lui, je l'acceptait.
Les heures défilèrent plus vite que je ne le pensais. Sur la petite pendule qui se trouvait sur le mur en face de mon lit, je pouvais lire vingt heures précise. Je ravalais un sanglots. La porte s'ouvrit et je vis apparaître dans l'encadrement, Jane. Je la suivis docilement, réfutant l'idée de tenter de m'échapper, jusque dans une petite pièce sombre. Il n'y avait aucun mobilier, à part le lit qui trônait au centre de la pièce. Aro était déjà présent, un rictus mauvais flottant sur ses lèvres. Il m'invita à m'allonger sur le lit, ce que je fis sans protester. Si je voulais avoir une chance de revoir Edward, il fallait que je leur obéisse. Aro s'approcha de moi. Le contact de sa peau glacée me fit frissonner. Il prit ma tête entre ses doigts et entrouvrit la bouche, laissant apparaître ses dents anormalement pointues et enduites de venin.
Il planta ses dents dans ma gorges dénudée. La douleur arriva plus rapidement que ce à quoi je m'était préparée. Chaque veine de mon corps semblait se remplir de lave. Des milliers de petites aiguilles se plantaient dans mes membres au fur et à mesure que le venin s'infiltrait en moi. Sans m'en rendre compte, je me mis à hurler. Je compris alors pourquoi Edward me disait que la personne souhaitait mourir à chaque instant. Cela faisait à peine quelques secondes qu'il m'avait mordu et déjà, je souhaitais que cela se termine. Je sentais que je sombrais dans l'inconscience, soudain j'entendis une voix. Sa voix.
-Bella ?
-Edward ? Je ne m'entendis pas parler, mais lui si. J'entrouvris les yeux et croisais son regard doré que j'aimais tant. Il se trouvais à côté de moi. Sans penser aux conséquences, je me sentis soudain heureuse. Edward était près de moi. Bientôt je serai comme lui, pour l'éternité. Je souris et pris sa main. Je la posais sur mon front, ce qui eut l'effet escompté, me soulager. Mes yeux se fermèrent doucement, je sombrais.



Désolée pour le retard. Je suis impardonnable...
Voila le début du chapitre 15. La suite arrivera dans la semaine. Bizous

# Posté le mardi 26 février 2008 10:55

Modifié le jeudi 28 février 2008 05:26

Chapitre 16

Lorsque je repris conscience, je sentis le venin continuer sa progression dans mes veines, brûlant chaque partie de mon corps tout doucement. Je voulu crier mais ma gorge était en feu. Je ne pouvais plus bouger, mes membres étaient bien trop douloureux. Je sentais près de moi, la présence d'Edward. Il devait s'en vouloir à mort pour m'avoir infligé pareil traitement. A cet instant, j'aurais voulu le rassurer, lui dire que je ne lui en voulais pas, que je l'aimais toujours, mais seuls mes hurlements de douleurs sortaient de ma gorge éraillée. J'avais tellement mal. Combien de temps me restait-il à souffrir ainsi ? Je n'eu pas le temps de me poser la question que déjà une nouvelle vague de douleur déclencha mes cris. Je sentais le sang battre dans mes tempes. Mon pouls diminuait d'heures en heures jusqu'au moment où je n'entendis plus les battements de mon c½ur. Je sentais ma vie s'échapper lentement à chacune de mes respirations. J'espérais que ma souffrance s'envolerais en même temps que mon humanité. Malheureusement, je m'évanouis, trop épuisée pour supporter la suite de ma transformation, bien qu'elle fut moins douloureuse que le début.
Au bout d'une éternité, j'ouvris les yeux. Je les refermais immédiatement, aveuglée par le soleil qui pénétré dans la chambre par une petite fenêtre. Je remarquais soudain que je ne me trouvais pas dans la même pièce que celle où Aro m'avait mordu. Je me tournais lentement vers la source de lumière et m'aperçu qu'il s'agissait en réalité du corps de mon bien aimé brillant de mille feux. Mes cordes vocales me faisant souffrir, je décidais de chuchoter.
-Edward, l'appelai-je. Il se tourna vers moi à une vitesse vampirique et me détailla de la tête aux pieds. Il souris en dévoilant ses dents d'un blanc immaculé. Il s'avança vers moi à pas mesurés, me regardant d'un air appréciateur. Prenant mon visage en coupe, il me murmura un je t'aime avant de m'embrassais passionnément. Notre baiser ne fut pas aussi prudent que ceux dont je gardais le souvenir, mais cela me convenait parfaitement. Il resserra notre étreinte, autant que cela fut possible.
-Tu sens toujours aussi bon, murmura t-il. Je l'embrassais derechef. Il pris précautionneusement ma main, comme si j'étais encore fragile.
-Toute la famille à hâte de te voir. Il me fit traverser la pièce. Avant qu'il n'ouvre la porte, je stoppais net devant un des miroirs que comportait cette chambre. Le reflet qu'il me renvoya me déstabilisa. Mon corps n'avait pas beaucoup changé, bien que j'étais devenue plus mince, mais mon visage était différent. Avant, malgré ce que racontait Edward, on ne pouvait pas trouver plus banale comme fille que moi. A présent, j'étais jolie, plus même. Je n'arrivais pas encore à la beauté de Rosalie mais cela m'allait très bien. Mon visage s'était aminci, mon nez devenu droit, aquilin. Mes yeux étaient maintenant pourpres entouraient de larges cernes violacées, signe de ma nouvelle nature. Mes cheveux avaient poussé et m'arrivaient à présent au milieu du dos, d'un châtain parsemé de mèches dorées.
Edward se plaça à côté de moi. Notre reflet dépassait mes espérances. J'étais devenue une femme à la hauteur d'Edward, un vampire.

# Posté le samedi 01 mars 2008 11:18

Chapitre 17

Effectivement toute ma nouvelle famille nous attendait en bas, impatiente de me voir. Edward m'avait expliqué qu'après une longue discussion avec les Volturis, Carlisle avait réussi à négocier notre retour, à la condition de les prévenir à l'apparition de mon don. Dans l'immense salon des Cullen, rien n'avait changé de place depuis mon départ précipité, quelques jours auparavant. Alice, assise sur les genoux de Jasper, trépignait littéralement d'impatience. Mon doux vampire me regardait fixement, détaillant chacun de mes mouvements. Je pressais légèrement sa main pour lui faire comprendre que j'étais prête. Quand ils m'aperçurent, au lieu de se jeter sur moi comme je l'avais pensé, ils s'arrêtèrent net. Je grimaçais. Je n'étais peut-être pas à la hauteur. Je me tournais vers Alice.
-Qu'est-ce qui se passe ? Je suis bizarre, c'est ça ? bougonnai-je.
-Non, c'est pas ça. Tu es... magnifique. Je remarquais qu'Emmet me fixais toujours aussi intensément, ce qui, si j'étais encore humaine, m'aurais fait devenir rouge comme une pivoine. Tous me détaillaient de la tête aux pieds.
-Arrêtez de vous moquer de moi ! Edward ! m'affolai-je, en me tournant vers l'intéressé.
Il m'enserra la taille et déposa un baiser au sommet de mon crane.
-Tu es la plus belle créature qu'il m'est était donné de voir, c'est tout, me chuchota t-il à l'oreille. Je soupirais. Même étant devenue l'une des leurs, il fallait que je continue d'attirer l'attention, pensai-je.
- C'est normal que tu attire l'attention, tu es des nôtres à présent.
-Non, je sais ça ne... Je me rendis soudain compte qu'Edward venait de répondre à l'un de mes pensées.
J'essayais de fermer mon esprit pour qu'il ne sache pas ce à quoi je pensais, en vain. Je me bouchais les oreilles. Carlisle, intriguait par mon comportant, qui devait semblait étrange de l'extérieur, s'approcha de moi.
-Bella, ça va ? Il semblait de plus en plus inquiet.
Toujours les mains plaquées sur mes oreilles, je m'assis sur le canapé du salon. Je vis Jasper s'approcher, tentant de me calmer en m'envoyant de ondes positives.
-Jasper, arrête, s'il te plait. Edward s'assit à côté de moi et fit signe à son frère de recommencer.
-Non, Non... NON!!! criai-je en réponse aux tentatives de pénétration dans ma tête de Jasper et d'Edward. J'avais l'impression que mon esprit était un champ de bataille où l'on m'attaquait sur deux fronts. L'un voulant découvrir mes pensées, l'autre voulant me rassurer. Chaque nouvelle tentative me donnait la sensation que ma tête allait exploser.
-STOP!!!hurlai-je. Je partis à toute vitesse dehors, mais maîtrisant mal cette nouvelle aptitude, je faillit m'étaler sur le chemin.
Je m'assis dans l'herbe mouillée. Je sentais bien que toute la famille était inquiète pour moi mais comment pouvais-je leur expliquer cette horrible sensation d'intrusion qui me rendais folle.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 09:22

Chapitre 18

La seule chose qui me plaisait lorsque j'étais encore humaine, était le fait que mes pensées restaient secrètes pour Edward. Je n'arrivais pas imager comment ma nouvelle famille arrivait à supporter ce manque d'intimité permanent, bien que des fois cela représentait un grand avantage. Ils avaient du se demander pourquoi j'avais agi ainsi. Je leur devais des explications, c'était inévitable, mais je ne voulais pas revivre cette séance de torture. Je ne pouvais pas décrire ce sentiment étrange. D'un côté, j'avais la sensation que ma tête était le seul lieu où je pouvais être en sécurité et de l'autre que Jasper et Edward tentaient de briser les barrières qui maintenait mon esprit fermé. Esmé ne mit pas longtemps à me rejoindre dehors pour me demander comment je me sentais.
-Que s'est t-il passé, Bella ?s'inquit ma "mère". Les yeux rivés vers le sol, je n'osais pas répondre. Je vis Edward arrivé vers moi à pas mesurés, prudent. Soudain un sentiment de remords et de tristesse m'envahit, me lacérant le coeur, à l'instar de la fois où il m'avait abandonné. Pourquoi étais-je tant affecté par ce sentiment. J'étais certaine qu'il ne s'agissait pas du mien, mais j'éprouvais la souffrance comme si c'était le cas. Esmé sembla remarquer mon malaise, qu'elle du le dire à Edward par la pensée. Elle me prit dans ses bras et un nuage d'amour et de compassion m'envahit. Pour en profiter pleinement, j'abaissais les petites barrières de mon esprit, restant quand même sur mes gardes.
-Ca va mieux, là ? J'acquiesçai doucement. Elle me berça pendant quelques minutes, qui me parurent des heures, comme si j'avais toujours été son enfant. Au bout d'un moment, je me sentis soulevée de terre. Je me retrouvais dans ma chambre, loin de tout bruit. Je fermais les yeux, avant de me rappeler soudainement que les vampires ne pouvaient pas dormir.
Carlisle vint me voir dans la soirée, estimant sûrement que je m'étais assez reposée. Comme si j'avais besoin de ça, j'entendis ses pensées lorsqu'ils franchit le seuil de la pièce. Je soupirais.
-Je ne sais pas ce qu'elle a. C'est bien trop tôt pour être son pouvoir... A moins que...



Mes yeux s'agrandirent d'un seul coup. Carlisle sembla s'en apercevoir et me fixa intensément.
-Que se passe t-il Bella ? me demanda t-il.
-Je viens d'entendre vos pensées. Je crois qu'il s'agit de mon pouvoir.
Carlisle comprit rapidement à quelle partie de ses pensées je faisait allusion et se radoucit. Il demanda au reste de la famille de nous laisser seul quelques heures pour essayer de comprendre ce qui m'arrivait.
-Comment te sens-tu, Bella ?
-J'ai horriblement mal à la tête mais sinon tout va bien.
-D'accord. A présent, je voudrais que tu te concentre un instant et que tu essaye d'entendre ms pensées.
Je fis ce qu'il me demandait mais quelque chose semblait m'en empêcher. Carlisle m'encouragea du regard et j'enlevais une à une les barrières qui bloquaient l'accès à mon esprit. Une vague d'émotion et de pensées me submergea et je tentais de me concentrer uniquement sur les pensées de mon "père".
-J'espère que les autres ne reviendront pas trop tôt, cela pourrait être dangereux pour elle.
-Ne vous inquiétez pas, ils ne doivent pas revenir avant demain matin, lui dis-je en réponse à ses pensées, un petit sourire aux lèvres.
Il me sourit à son tour, un sentiment de fierté envahissant la pièce.
Pendant le reste de la nuit, il continua de me poser des questions sur mes nouvelles aptitudes et me fit passer de nombreux tests pour vérifier que le retour de notre famille n'était pas dangereux pour moi.
Aux premières lueurs du jour, Carlisle m'expliqua que mon nouveau pouvoir consistait à pouvoir me protéger des attaques mentales et peut-être aussi physiques de quelqu'un, en constuisant des barrières autour de mon esprit. Je possedais également la faculté de m'approprier les pouvoirs des personnes qui les utilisaient sur moi en les copiant et en leur ôtant provisoirement. Mon pouvoir était extremement puissant d'après Carlisle et le temps ne ferait que le rendre encore plus puissant. A cette pensée, un frisson me parcouru le dos. J'étais puissante, très puissante. Et cela me montrait qu'à présent personne, pas même Victoria ne pourrait s'en prendre à moi et à ma famille.

# Posté le mercredi 19 mars 2008 11:20

Modifié le samedi 31 mai 2008 08:19